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L'électricité reste chère pour l'industrie

ENERGIE - Le coût de l'électricité pour l'industrie reste plus élevé que dans les pays voisins

 

Les coûts de l'électricité pour l'industrie belge restent plus élevés que ceux pratiqués dans les pays voisins, même si les prix ont baissé, selon une nouvelle étude de Deloitte. Les consommateurs industriels belges paient en moyenne de 9% (pour 1.000 GWh en Flandre) à 47% (pour 100 GWh en Wallonie) de plus en 2014 pour leurs achats d'électricité que leurs concurrents dans les pays voisins. En 2013, selon une précédente étude de comparaison de Deloitte, le handicap atteignait en moyenne de 12 à 45%. En 2014, les prix totaux d'électricité avoisinent les 75 euros/MWh en Wallonie, contre 60 euros/MWh en Flandre et 43 euros/MWh en Allemagne.

L'étude Deloitte relève que les coûts de réseau ont augmenté en Belgique par rapport à 2013, contrairement aux taxes liées à l'électricité. La Fédération belge des consommateurs industriels d'énergie, Febeliec, demande aux gouvernements régionaux et fédéral de prendre des mesures d'urgence visant à assurer que les prix d'électricité en Belgique restent compétitifs par rapport à ceux des pays voisins. Elle considère que la hausse subtantielle ces dernières semaines des prix de marché en Belgique - qui n'est pas prise en compte dans l'étude Deloitte et qui découle de l'incertitude liée au redémarrage des centrales nucléaires Doel 3 et Ti-hange 2 - constitue un handicap concurrentiel insurmontable pour l'industrie belge, "dont la survie est déjà menacée".

La Febeliec estime aussi que ce n'est pas à elle de déterminer les politiques à mettre en place par les différents niveaux de pouvoir mais insiste sur la nécessite de préserver la compétitivité des industries belges.

Si les prix de l'électricité sont à la hausse en Belgique ces dernières semaines depuis l'annonce de la prolongation de l'arrêt des deux centrales nucléaires, ceux pratiqués en Allemagne continuent de baisser de manière quasi continue. Avec la fermeture de leurs centrales nucléaires, les Allemands exploitent des centrales au lignite, profitant de la baisse du prix du charbon. Ils ont aussi investi massivement dans les énergies renouvelables, dont le surcoût est répercuté notamment sur les particuliers. Les industries allemandes confrontées à une forte concurrence internationale sont, elles, exonérées de ce surcoût.

"C'est le paradoxe allemand, avec les prix parmi les plus élevés pour les particuliers et les plus compétitifs pour de gros consommateurs industriels", résume Philippe Roisier, président de Solvay Energy Services.

 

Le soir, édition du 18/06/2014